jeudi 4 novembre 2010

Ascension du Piton des Neiges 2 le 31/10/10

Lever avant l'aube le lendemain afin d'assister au lever de soleil, avec des températures très basses!
Une trentaine de personnes est réunie au sommet, les gens qui ont campé au sommet et ceux qui ont dormi au gîte de la Caverne Dufour en contrebas et qui sont parti vers 3h du matin.

Il est 5h du matin, et en attendant le lever du soleil nous découvrons au fur et à mesure que l'éclairage s'améliore le paysage qui était recouvert la veille par la mer de nuage!

Vue sur le Piton de la Fournaise peu avant l'aube

Le cirque de Cilaos, de nuit
Petite réflexion philosophique sur l'immensité passée du Piton des Neiges: Il y a 200 000 ans, lors de sa naissance, les 3 cirques (Salazie, Cilaos, Mafate) n'existaient pas: ce n'était qu'un seul volcan gigantesque! Avec le temps, l'érosion a provoqué l'effondrement des flancs du Piton des Neiges et la formation des cirques.
Quand on voit l'étendue de ces cirques depuis le sommet et la hauteur des remparts, on a du mal à visualiser l'aspect initial du Piton des Neiges!

Enfin le lever du soleil sur le Piton de la Fournaise!
Lever de soleil sur le col du Taïbit, jonction entre Cilaos et Mafate (oui c'est bien par là qu'on était passé il y a 2 semaines pour entamer notre boucle!)
Le Piton de la Fournaise, et au pied la plaine des Cafres

Le sommet du Piton des Neiges
Notre campement, qui a tenu bon cette nuit!

Traditionnelle pancarte de césure avec en arrière plan le Piton de la Fournaise et la Plaine des Cafres

Le cirque de Salazie, sur la gauche on peut voir le col des Boeufs et le col de Fourches, points d'entrée dans Mafate (il y a 4 jonctions entre ces 2 cirques, et j'en ai passé 3!)

Nouvelle présentation de la pancarte
Par ailleurs, interdiction de se moquer de l'état de notre pancarte: elle avait supporté la montée jusqu'à la Plaine des sables où on s'était pris la saucée de notre vie avec Sophie et Anne-Sophie, et on ne peut pas dire que nous avons été vraiment au sec lors de notre montée jusqu'au Piton des Neiges!!!

Encore le sommet: quelques végétaux s'y accrochent même à cette altitude et presque sans sol!
Encore le col du Taïbit; j'ai mis cette photo pour les super couleurs du rempart qui rendent pas trop sur ce format d'image; agrandissez là pour le voir!
Entrée de Cilaos depuis le col du Taïbit: tout le chemin qu'on a du parcourir avec Sophie il y a 2 semaines pour entrer dans Mafate!
J'aime trop la tête des cailloux volcaniques!!!!!
Encore une photo pour essayer de retranscrire les couleurs magiques du Piton, accentuées par le lever de soleil!
Le cirque de Cilaos
Au cas où vous vous le demanderiez, pour rentrer on doit descendre cette énorme falaise!
Au loin de Cilaos, Saint-Louis sur la côte



Nous avons passé plus de 3 heures à contempler la splendeur du Piton et du panorama, petit déjeuner devant la vue du cirque de Salazie. Nous avons fait de nombreux aller retour sur la crête du Piton, malgré le dénivelé pour rejoindre chaque sommet (la tête du sommet du Piton des Neiges c'est une crête dentée en forme de croissant de lune; si tu veux admirer tout le panorama (Cilaos, Salazie, Bébour, Piton de la Fournaise et Plaine des Cafres, Plaine des Palmistes... Ben faut que tu te déplaces sur la crête!)

Vers 8h nous nous décidons à lever le camp, et nous apercevons étonnées que tout le monde est déjà parti sauf deux campeurs! Quand même avec un spectacle aussi grandiose, sans parler de ce qu'on en bave pour y accéder, les gens sont bien pressés de partir, ils ne prennent même pas le temps de profiter! (oui je sais, ça fait très mémé réac comme réflexion mais j'assume!)

Et on est donc reparti pour la descente cette fois, mais avant j'ai demandé à Sophie d'immortaliser la dégaine que j'avais quand je portais la tente sur mon dos!

Descente du Piton en mode mitraillage (on avait presque rien vu la veille à cause des nuages, alors que ce matin la vue était trop dégagée, on a descendu avec vue sur le Piton de la Fournaise et la Plaine des Cafres tout du long!!!)


Rien à dire, le Piton des Neiges est beaucoup plus complexe que le Piton de la Fournaise, ça se voit aux variations de couleurs qu'on avait pas là-bas!

En descendant, mauvais signe: des nuages sortent du cirque de Cilaos au niveau du sentier que nous devons emprunter! Bon, de toute façon on a pas le choix!

Arrêt au gîte de la Caverne Dufour
Nous nous arrêtons au gîte afin de nous réapprovisionner en eau (ils avaient de l'eau potable, hourra! Bon par contre j'ai mis 2 minutes pour remplir ma bouteille avec leur super débit mais bon...) et pour souffler un peu avant d'entamer la descente de 1000m de dénivelé!
Le Piton des Neiges vu depuis le gîte de la Caverne Dufour

mercredi 3 novembre 2010

Ascension du Piton des Neiges 1 le 30/10/10

Deux itinéraires pour monter au Piton des Neiges (point culminant de la Réunion et de l'Océan Indien (3071 m) et premier volcan de l'île, aujourd'hui éteint): par Cap Anglais depuis Hellbourg (Salazie) ou par le Bloc depuis Cilaos.

Nous avons opté pour la montée par Cap Anglais et la descente le lendemain par le Bloc afin de gagner quelques heures de sommeil le premier matin (pour aller à Cilaos en bus il faut 3-4h!).
Le programme du week-end était de monter au sommet le premier jour avant le coucher du soleil et d'y camper, afin de profiter à la fois du coucher du soleil et du lever le lendemain.

Départ donc pour Hellbourg... Petit inconvénient: fête d'Halloween chez un collègue la veille, donc j'ai dormi 2h et... j'ai un peu la gueule de bois, j'ai forcé sur le punch coco la veille!

C'est donc légèrement nauséeuse que j'ai pris le bus. Heureusement, arrivée à Hellbourg, l'air frais me fait du bien et je commence à aller mieux!
C'est donc un départ très chargé qui commence: une tente de 3,4 kg qu'on se passe à tour de rôle avec Sophie, un duvet d'1,5 kg, 3L d'eau (oui, pas de point d'eau potable assuré pour ce week-end!), de la nourriture en grande quantité (je sais pas pourquoi mais je sens qu'on va se dépenser!) et des tonnes de vêtements pour faire face au climat du Piton des Neiges: poncho, pantalon k-way, jogging, 2 polaires, tee-shirt de rechange, gants...

Pour rejoindre le Cap Anglais, l'un des sentier les plus vicieux de l'île (entendre par là où tu te tapes beaucoup de dénivelé d'un coup sur un sentier monotone, glissant et dur à grimper!), nous empruntons une partie du sentier de la source Manouilh, notre première rando à Salazie.

Départ depuis Hellbourg: 981m d'altitude, plus que 2090m de dénivelé à faire!



Arrivée au Cap Anglais

A peine rejoignons nous le Cap Anglais que les nuages arrivent et nous privent du paysage. Pas grave, faut continuer à monter! Et donc nous sommes parties pour l'ascension du Cap, aussi pénible que ce que l'on nous avait décrit. Bon, après, on allait à notre rythme (le Grand Raid passait par là et eux devaient tracer les pauvres), mais c'était quand même bien monotone, sans point de vue, même végétation tout du long et même pas de petits zoiseaux à prendre en photo!
J'ai fait pas mal de passages avec les mains tellement les "marches" étaient hautes!

Bref, déjeuner en haut du Cap sans de vue pour nous récompenser, toujours dans les nuages, Sophie m'a prêté un sac poubelle pour abriter mon duvet de l'humidité!
Nous attaquons notre marche sur le Piton des Neiges, en majorité sur du plat jusqu'au gîte du Piton des Neiges, à 2400m d'altitude (oui, avec le Cap Anglais, on se mange grosso modo 1000m de dénivelé d'un coup!)

On a donc poursuivi notre chemin dans un paysage de bruyères et de roches volcaniques qui n'est pas sans rappeler les bordures de la route qui mène à la Plaine des Sables, au Piton de la Fournaise. La brume accentuait encore plus l'ambiance assez spéciale du Piton!


Arrivées au gîte du Piton des Neiges, nous nous préparons à la nouvelle montée qui nous attend: environ 600m de dénivelé à faire!
Le long de ce chemin, aucun repère; en plus, avec la brume, nous n'avons aucune estimation du temps passé ou de la distance parcourue et qui reste à parcourir.
Petite pause dans la montée avant de reprendre. Nous sommes clairement fatiguées toutes les deux, mais nous devons arriver au sommet avant la nuit. Devant nous, un randonneur ramasse du bois pour le camping au sommet cette nuit. Cette vision m'inquiète un peu: d'après mes collègues, il n'y a que 4-5 emplacements protégés du vent pour planter la tente, et je ne voudrais vraiment pas dormir à la belle étoile à plus de 3000m d'altitude cette nuit!
D'autant plus qu'à ce moment là, nous n'imaginions absolument pas où nous pourrons planter la tente, tout le sentier était rocailleux, sans terre (d'ailleurs très pénible à monter même s'il était moins pentu que le Cap Anglais: on ne marchait que sur des blocs sans cohésions qui se dérobent sous nos pieds!).
Ah, si, on a trouvé un repère sur la carte: lorsque l'on passera du paysage de bruyères à celui de rocailles, nous serons à la moitié du chemin! Ok, et là le paysage c'est... de la bruyère, tiens donc! Bon ben on est reparties!
Et là, au bout d'un moment, nous franchissons une fois de plus un sommet, sans savoir où nous sommes... Instant de grâce, nous sortons de la brume, tout est dégagé, et nous apercevons le sommet, frappé par les rayons du soleil en train de ce coucher... On aurait dit qu'il était sous les projecteurs!

Je retrouve une seconde force pour la montée (on avait encore une bonne distance et un bon dénivelé à faire, mais bon on en voyait la fin et on avait une chance d'assister au coucher de soleil!).
Enfin, cette motivation s'éteint assez rapidement, j'en ai marre et en plus c'est mon tour d'avoir la tente... Je me pose contre un rocher, regarde derrière moi et vois... Un autre randonneur avec sa tente pas très loin!

Et là, quand tu es crevée et que tu ne rêves que de te poser, les instincts les plus primaires ressurgissent même si c'est complètement débile: j'ai tracé comme j'ai pu pour arriver avant lui au sommet et pouvoir faire preum's pour l'emplacement de la tente! (Oui, je sais, complètement puéril, mais ça faisait un bout de temps que mon cerveau était hors service!)

J'ai donc lutté comme un mulet, en m'aidant de tous les rochers que je passais pour continuer d'avancer alors que je rêvais de reprendre mon souffle (ça devait être assez ridicule, je sais...)

M'en fiche j'ai fait preum's! (même si au final c'était pas vraiment la peine, on avait encore le choix quand je suis arrivée au sommet il y avait encore beaucoup de place)!
Les emplacements protégés sont entourés par des empilements de blocs qui nous protègent du vent.
Nous avons planté la tente avant d'aller faire un tour (argh, le sol est super dur!). Heureusement, le groupe de randonneurs qui avaient prévu de faire un feu nous ont prêté un maillet, sans ça on s'en serait pas sorti! Petit instant de panique lorsque j'ai cru qu'il manquait un arceau pour monter la tente!

Petit détail assez marrant au niveau des emplacements pour planter les tentes: le mot gratitude est dessiné avec des pierres volcaniques, c'est tellement ce que tu ressens quand tu arrives enfin!

Sommet du Piton des Neiges
Petite balade (bien couvertes!) le long du sommet du Piton des Neiges afin d'admirer le coucher de soleil sur la mer de nuages!

Tout était recouvert jusqu'au sommet; peut de temps après que le soleil soit entièrement couché, les nuages sont montés au dessus du sommet!Du coup, gros changement de température, nous nous sommes vite réfugiées sous la tente, qui isolait merveilleusement bien du froid!

Hommage au Grand Raid et au Trail de Bourbon

Petite présentation du parcours du Grand Raid et du Trail de Bourbon!
Mes collègues sont arrivés 730 et 740ème sur 2400, respect sachant que c'était la première fois qu'ils le faisaient!
Ah, petit détail: cette année, le Grand Raid a eu 40% d'abandons tellement c'était dur! (ils ont changé le parcours cette année et l'ont fait encore plus chaud qu'avant!)

Le premier c'était un espagnol, Killian Jornet, qui a fini le parcours en environ 22h, qui a pris le temps de prendre en photo l'éruption et qui est même allé saluer la foule à l'arrivée avant même de finir la course!!!
Très populaire à la Réunion en tout cas!



La boucle d'Aurère 2

Lever avec le soleil le lendemain pour pouvoir assister au lever du soleil contre les remparts de Mafate.
Je trouve le cirque encore plus beau à l'aube, en plus y a presque pas de nuages, contrairement au coucher du soleil!

L'église d'îlet à malheur
Sortie de l'îlet
Départ de l'îlet, malheureusement un peu malade: j'ai fais une petite intoxication alimentaire avec les quelques bouchées de mon repas de la soirée dernière! En plus, comme je n'ai quasiment rien mangé la veille au soir, je suis assez faible et j'ai un gros dénivelé qui m'attend pour sortir du cirque!

Les seules provisions qu'il me reste: une moitié de saucisson et un paquet de biscuits fourré sau chocolat, pas l'idéal quand tu es écœuré par la nourriture, et que tu as même du mal à boire!

Bon, de toute façon pas le choix!

Remontée du cirque par le sentier scout, au bout d'un moment ça commence à aller mieux... Et le paysage magnifique me fait penser à autre chose qu'à mon estomac!

Toujours îlet à malheur...



Devant la dent, Aurère; en arrière plan, la commune du Port (point d'entrée principal de Mafate)
Remontée du sentier, les nuages envahissent le cirque... C'est ballot, j'avais pas de bus pour redescendre au moins jusqu'aux grands îlets de Salazie, là où il y a du passage! Mon sentier débouche dans un des coins les plus reculés de Salazie, qui n'est fréquenté que pour les randos ou pour profiter de la vue. Si tu as un temps pourri comme ça, mon super plan tombe à l'eau personne ne passera dans le coin!

Bref, j'en étais à cet état d'esprit quand j'ai commencé à descendre la route dans le brouillard. Et là, chance incroyable... A peine après avoir marché une minute, une voiture arrive et s'arrête pour me prendre en stop! Un couple de touristes venus passer la semaine à la Réunion, qui ont tenté leur chance pour la vue et qui redescendait à cause des nuages!!!

Ils m'ont descendu jusqu'au village de Salazie, après un petit arrêt devant le voile de la mariée.
Redescente du reste du cirque en stop, puis prise de bus jusqu'à Saint Denis, et repos pour mon petit ventre!